Nous utilisons des cookies et des logiciels statistiques. Veuillez lire notre politique de confidentialité.

Nous utilisons des cookies et des logiciels statistiques. Veuillez lire notre politique de confidentialité.

Paramètres enregistrés
Jordan Möller Architectes

Transformation et remplacement de la façade de l’immeuble de bureaux de la Brandschenkestrasse, Zurich-Enge, 2016-2018

Transformation et remplacement de la façade de l’immeuble de bureaux de la Brandschenkestrasse, Zurich-Enge, 2016-2018

À propos de la nouvelle façade de l’immeuble commercial de la Brandschenke :

À l’origine, l’immeuble de bureaux de la Brandschenkestrasse 47 présentait une façade de la fin du brutalisme, grise et bordeaux, elle se détachait de son voisinage tel un objet isolé. Ses rangées et ses empilements d’éléments préfabriqués en béton apparent, percés d’ouvertures poinçonnées, rappelaient les panneaux de Jean Prouvé. Par endroits, elle s’avançait en porte-à-faux comme la passerelle de commandement d’un hydroptère, transformant les bureaux en lounge, comme dans un avion gros-porteur. Les images et les idées de l’époque de construction se sont depuis estompées et les éléments techniques sont devenu peu fiables. Quel joint est encore intact, quel panneau n’est pas rongé, et comment fonctionnait le système de drainage de la façade? Une restauration de la façade promettait en tout cas des imprévus et des complications, c’est pourquoi nous avons décidé de la rénover. Mais comment réaliser une nouvelle façade sur une structure existante ? Le catalogue des possibilités techniques ouvrait le champ des possibles, de la maçonnerie au mur-rideau, jusqu’à l’isolation extérieure derrière des revêtements. Le contexte urbain, comme les intentions architecturales du bâtiment existant, fournissaient autant d’arguments en faveur d’une orientation rétrograde qu’en faveur d’une orientation futuriste. Alors que faire ?

Moderniser les locaux de bureaux pour les adapter au monde du travail d'aujourd'hui signifie supprimer leurs fenêtres serrées, afin d’introduire une suite de fenêtres libre et généreuse. Les éléments intermédiaires, horizontaux et verticaux, doivent être isolés. C'est cette isolation qui confère à la façade sa profondeur de couches. Il reste peu de place pour le parement, c’est pourquoi celui-ci doit être réalisé en béton fibré et être aussi fin que possible. La couche comprise entre l’épaisseur technique nécessaire, isolation et lame d’air ventilée, le maximum légal fixé par l’alignement définit la marge de conception. La façade devient un vêtement moulant, qui épouse le corps du bâtiment sans en entraver l’expression. « Chaque matériau possède son propre langage formel, et aucun ne peut s’approprier les formes d’un autre matériau. Car les formes sont nées de l’usage et du mode de fabrication; elles sont nées avec le matériau et par le matériau. - À partir de ce principe de l’habillement, j’établis toutefois une loi bien précise, que j’appelle la loi du vêtement. (…) Il faut travailler de telle sorte que toute confusion entre le matériau porté et le vêtement en lui-même soit exclue. » Tels sont les principes esthétiques, ou de morale des formes, d’Adolf Loos, formulés le 4 septembre 1898.

Pour être un vêtement, les plaques de la façade ne doivent donc imiter ni la taille de la pierre, ni les appareils, ni les architraves et les corniches, ni les stèles et les pilastres. Ce sont des pièces de vêtement individuelles, et chacune prend forme plastiquement par des plis, sous forme de relevés ou de bords pliés. Leur relief est souligné par des textures variées. Elles sont montées côte à côte et les unes au-dessus des autres, échelonnées sur trois plans, de l’arrière vers l’avant. Elles s’assemblent alors pour former des bandes et des entrelacs, délimités par des lisières horizontales, entre lesquelles se trouvent les surfaces vitrées brillantes. Ensemble, elles composent un motif qui peut également s’étendre au-delà de l’avant-toit et ainsi habiller l’ensemble du bâtiment. Dans sa nouvelle élégance de tailleur, il s’intègre désormais discrètement dans la rangée des façades de la rue tout en s’en détachant, tel un représentant légitime de lui-même.

Adresse

Brandschenkestrasse 47

Année de construction

1977 par Werner Stücheli

Maître d'ouvrage

Implenia Schweiz AG, Modernisation & Development

Architecture

Pfister Schiess Tropeano & Partner Architekten AG

Responsable de projet, phases 31/32/33/41/51/52/53

Hauke Möller, associé jusqu'en 11/2025

Prestations

Conception, plans d'exécution, direction artistique

Études

2016–2017

Réalisation

2017–2018

Conception des façades

feroplan engineering ag

Texte

Markus Grob

Images

Pit Brunner